Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 19:27
Quand vient la brise chaude qui dépose
Sur les voitures
Sales
Des ombres de sable
L'heure sonne et l'heure frappe.

Ensemble, rompons
Mes amis
Mes camarades
Mes camelots
Un peu beaux, un peu bobo

Rompons donc
Le pain et le vin
Et l'amitié
Je vous ai défendu toute l'année
Voici venu l'été.

Je m'en vais
De vous
Et d'ici.
Je vous ai défendu
Au sang sous l'ongle.

Je vous ai prêté oreille douce
Et une couche
Les soirs de grande solitude
Et de petite attitude.
Je m'en vais.

Et en septembre, à la rentrée
Je serai rentrée.
Je vous rappellerai.
Je vous inviterai.
Et on refera tout ça.


Par Patte de lapin - Publié dans : Patte de lapin au quotidien
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Dimanche 9 mars 2008 7 09 /03 /Mars /2008 14:00
Aussi paradoxal que vrai : il est politiquement incorrect que de dévoiler ses penchants politiques.
Terrain épineux. Chemin de croix. Dévoiler son choix ? Ou pas ?
Parler de ce dimanche 9 mars 2008 n'est guère facile...

Fin de matinée, aux alentours de midi moins quart. Ankle boots à finition Gatsby et talon de 12 cm, robe trapèze à grandes poches, cape rouge, sac vintage longiforme. Dedans ; clés, téléphone portable, baume à lèvres, passeport, quelques pièces de monnaie, paquet de Kleenex et carte d'électeur. Et c'est une montée qui commence sous un ciel qui se couvre. La première rue, montante. La seconde, encore plus.
Sur la droite, au troisième étage, un vieil homme sur son balcon en compagnie de son chien. Il regarde tout sourire les gens qui montent et ensuite redescendent. L'épicière fait mine d'arranger ses étales pour, elle aussi, observer qui va faire son devoir civique. Le boucher est derrière son comptoir, les bras croisés haut sur la poitrine et le regard fixé sur ceux qui passent .
Le quartier dans le quartier de la grande ville est en mode éveil. Cela donne des airs d'un dimanche faussé...

Arrivée à destination, je pénètre dans l'école primaire et cherche les indications pour parvenir au bureau de vote n°442. Là-bas, on me prie d'aller voter d'abord, je cite, "sur la droite, puis à gauche". Il y a de quoi vouloir rire mais le brave gars ne semble pas se rendre compte de l'hypothétique double-interprétation de ses paroles. Il voulait simplement indiquer quelle partie du bureau était dédiée aux cantonales et laquelle aux municipales.
Je suis déjà décidée depuis longtemps et je n'ai pas besoin de laisser planer le doute. Je prends la liste que je soutiens et je laisse les autres sagement. Je fais partie du secteur de ma ville (de toute façon, soyons francs et honnêtes et clairs et directs : il n'y a que Marseille pour avoir une division en "secteurs" en France...) où il y a le plus grand nombre de listes disponibles. J'admire pendant quelques secondes cette ribambelle de feuilles dont on peut choisir et me dis que les restes pourraient toujours servir à faire des guirlandes bien colorées et barbiolées pour les petits de l'école une fois que tout ce cinéma sera terminé.
Isoloir n° 1 (le seul libre), petit rideau kaki délavé qui tire sur le marron. J'ai l'impression d'être à l'armée. Et soudainement, je suis toute nerveuse. Je pose mon sucre de compagnie sur la planchette de bois vernie et il vire au bleu. Fichtre, il fait noir là-dedans. Comment s'en sortent les malvoyants ou indécis ? A tout hasard, ils tirent une liste et se fient à ce qu'ils arrivent à distinguer ? Je plie machinalement la feuille en huit. Dans la petite enveloppe bleue. Je ressors, mon sucre Sacha serré dans mon poing. Je suis encore plus nerveuse et je ne prends aucunement le temps de me demander pourquoi. Arrivée devant l'urne, je me rends compte que j'ai oublié mon passeport dans l'isoloir. Demi-tour. Où ai-je la tête ?
De retour dans mon espace militaire, je récupère ma pièce d'identité et décide de rouvrir l'enveloppe pour m'assurer que j'ai pris la bonne liste. Je ne vois pas comment j'aurais pu me tromper mais mon état anxieux me déstabilise.
Soudainement, derrière ce petit rideau vieillot, je me mets à rire en silence. Si ça continue comme ça, je vais encore me tordre la cheville et m'étaler par terre avant d'arriver à glisser mon choix dans l'urne, je me surprends à penser.
Un homme un peu âgé lit mon nom, mon lieu de naissance. Un autre vérifie mes papiers. Il me laisse déposer mon vote après avoir crié bien fort : "Votez !" Diantre, je suis vraiment à l'armée. "A voté !", qu'il crie maintenant. La femme d'à côté me fait signer la liste et un tout dernier met le tampon daté sur ma carte. Il a la main qui hésite et prend plusieurs instants avant de la laisser se poser sur le papier. Il est âgé. Je contemple son visage : regard concentré, front très ridé, la bouche entrouverte. Je suis prise d'affection et d'admiration pour cet homme qui ressent sa vieillesse mais vient tout de même, en fidèle participant. On me remercie et on m'interpelle de "citoyenne". Je suis revenue à mon état de calme naturel et m'en vais.

Je descends la rue désormais. Le boucher. L'épicière. L'homme du troisième. Et d'autres qui montent. 
Un rayon de soleil perce et un chat gris se déplace pour aller s'assoir dans la tache lumineuse.

Il est midi vingt quand je rentre. L'attente commence.

La politique, quand on s'y intéresse de près, c'est palpitant. C'est quasi aussi bon que d'attendre la sortie du film de Sex & The City. Et puis non. C'est meilleur encore car oui, des résultats dépendent notre présent et notre avenir.

N'hésitons plus.



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Et pour la minute-culture : les isoloirs ont été instaurés suite à la loi de 1913 qui garantit le secret de vote. Comme quoi, ces fichues tringles qui font un bruit crissant sont non seulement le symbole mais surtout la garantie d'une liberté et protection de tout citoyen votant.
Par Patte de lapin - Publié dans : Patte de lapin au quotidien
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Vendredi 7 mars 2008 5 07 /03 /Mars /2008 19:28

Forcément, François-Xavier ne s'appelle pas François-Xavier. J'ai un certain sens de l'anonymat et du respect. Dans le vrai monde où le vrai personnage respire l'air citadin tout frais tout fou, il porte un autre prénom, toujours composé cependant. Et même un brin plus osé que F-X. 

Bref, celui que nous prendrons pour François-Xavier est un être en mal de normalité. Même si ce dernier terme ne veut strictement rien dire, soyons francs et honnêtes. Cela n'empêche pas qu'un sentiment de perte totale de contrôle l'envahit. Parfois, souvent. Et si je le sais, c'est parce que F-X me l'a dit. Deux fois déjà, et même un peu plus. 
Mais F-X, en dehors de me prendre pour son psy de terrasse de café joignable dès 7h du matin, semblait avoir développé quelques sentiments extra-amicaux à mon propos. Je m'en étais bien sûr rendue compte et j'avais tenté de barrer toute possible discussion tournant à la déclaration en lui expliquant la complexité du cas féminin et de même l'aider à empocher le numéro de portable d'une demoiselle qu'il aimait beaucoup quand il était au lycée il y a quasi dix ans... 

Rien à faire, François-Xavier s'est obstiné à me trouver intéressante (ce qui, je l'avoue, est très flatteur). Et ce, surtout, malgré moi. Au point de me demander à venir l'aider choisir des nouvelles tenues de travail (les costumes qui coûtent le prix d'une paire de Jimmy Choo, ça finit par me lasser très rapidement, sais-je désormais). J'avais accepté l'invitation en sincère "pote-sse". Sans penser que ci que ça. 
Après avoir comparé durant dix minutes deux cravattes Christian Lacroix qui me paraissaient plus que semblables (j'aurais choisi à tout hasard, honnêtement), le voilà qui me sort : 
"Je ne comprends pas. Je pense qu'on s'entend bien et que je te fais comprendre que..."
Out of the blue, just like that. 
Après, tout est devenu bizarre. Je lui ai dit de prendre la cravatte qu'il avait dans la main gauche sans argumenter mon conseil ; on a fait la queue en silence ; pas un seul regard droit dans les yeux échangé ; il a payé pour ses fringues et m'a déposé à la bouche de métro la plus proche. 

Depuis, plus de nouvelles. Je m'inquiétais un peu mais j'étais trop occupée à m'enrhumer sans cesse et à régler des problèmes de boulot pour penser à l'appeler. 
Quand son nom est apparu ce matin sur mon portable pour m'annoncer qui m'appelait, j'ai été envahie de honte et culpabilité. Comment avais-je pu oublier, non pas notre dernière sortie un peu embarrassante, mais François-Xavier tout court ? 

Et je me suis soudainement rendue compte au ton de sa voix, à sa politesse et sa façon d'essayer de gérer le vide qui s'était installé entre nous que F-X, c'est un chic type. Un type franchement chic même... 
Il ouvre les portes et laisse passer les dames devant soi. Il adapte son rythme de marche à une vitesse incroyable qu'on ne se rend même pas comtpe qu'on est une traînarde à s'obstiner à se percher sur des hauts talons. Il passe toujours devant la femme qui l'accompagne dans les escaliers et propose de porter son manteau. Il assied la femme face à la salle de restaurant. Il ne soupire jamais. Il est loyal comme personne d'autre et ne se permet jamais une excuse (même valable) pour terminer une entrevue (tant ennuyeuse soit-elle : comme la fois où je me suis mise à me plaindre au moins deux heures durant de mon ex). 
F-X, c'est un gentleman
Alors, pourquoi je n'en veux pas ? 

Est-ce le bad boy syndrome ? La femme rêve de romantisme à excès et d'un respect sans limites, mais elle tombera toujours pour le mec qui ne la mérite pas.
Est-ce le plus-que-parfait ? L'homme trop bien n'étant pas quelqu'un avec lequel on veut nouer de relation amoureuse par peur de perdre cette stabilité idéale de sa vie si l'amour finit par mourir.
Est-ce quelque chose d'autre ? Comme juste le fait que François-Xavier n'a pas de chance. Que le timing est mauvais. Que quelqu'un d'autre me plaît ou que je suis incapable d'aimer un homme en ce moment par manque de temps, d'énergie, d'envie. 

Je n'en sais rien. Et pourtant, François-Xavier n'exige aucune réponse et n'en reparle pas. 
En galant homme, il m'a proposé une sortie au bord de la mer pour aller goûter un, je cite, "excellent ristretto comme [je] les aime tant". 
F-X, c'est un vrai gentleman...

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Dans une toute autre rubrique, ce soir, à la radio, journal de 19h30 : "L'individu armé d'un fusée..." Je ne sais même pas ou placer le [sic]. Où va le monde ?

Par Patte de lapin - Publié dans : Patte de lapin & l'être masculin
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Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /Fév /2008 14:20

Après une bonne semaine de maladie intense (intense intense, pas de l'intense à l'eau tiède avec un nuage de lait), je reviens à la vie, piano piano. J'ai retrouvé le plaisir de tousser dehors, dans un bain humain rempli de gens odieux et impolis. Et aussi celui de sourire comme une bêta (et non du bétail ! attention, c'est très différent) devant l'ennui du métro-boulot-dodo. 

Et, accessoirement, j'ai retrouvé le courage de répondre à ma téléphone. Ou, disons plutôt que j'ai retrouvé une prononciation plus ou moins audible du genre humain, parce que, dernièrement, seuls les canards et autres volailles nasales auraient pu capter le sens de mes paroles.
Alors, j'ai reçu un appel de détresse. Un SOS jeté dans les ondes (et non les vagues). La question métaphysique du jour était axée autour de, justement, ce foutu physique qui nous encombre et enchante à la fois :
"Alors, en fin de compte, c'est quoi exactement, être à la mode ?"
Voici l'énigme posée par la victime du monde fashion qui m'appelait. Je ne sais pas pourquoi elle a pensé que j'aurais pu y répondre, car je suis moi-même souvent peu conforme aux critères esthétiques "du moment".
Néanmoins, comme l'a dit quelqu'un que je connais : "cette histoire me turlupine".

Patte de lapin a donc réfléchi.
Patte de lapin ne prétend pas détenir la réponse mais un débroussaillement grossier est envisageable.

Être à la mode. Une expression typiquement français. La langue anglaise, ainsi qu'en fait moult autres, préfère un adjectif qualificatif (to be fashionable).
Et alors ? Alors, cela veut dire qu'être à la mode, ce n'est pas nécessairement une histoire universelle simple comme tout. Ce n'est pas un petit conte qui a une morale. C'est tout différent.
Connaissez-vous la différence entre le style romanesque et la majorité des autres styles littéraires (la comédie, le tragique, etc.) ? C'est l'histoire en elle-même. Alors que de nombreux genres ont recours à un seul point de vue et vous font une narration avec une ligne directrice unique, le roman ne peut s'en tenir à cela. D'ailleurs, c'est bien pourquoi le roman ne commence quasi jamais par un début in medias res. Il faut tisser une toile complexe, de détails dans laquelle il faudra trouver une façon de rendre pensable et acceptable l'insertion de divers points de vue. Ainsi, dans Les Liaisons Dangereuses, c'est l'utilisation des lettres qui permet de façon tout à fait réaliste de raconter les faits d'après le vécu et les pensées du Vicomte de Valmont ainsi que d'après la Présidente de Tourvel...
En ce qui concerne la mode, c'est une façon de procéder identique : divers points de vue mais personne ne s'est préoccupé de trouver une technique pour incorporer ceux-ci en une seule ligne directrice...

One.
Nul besoin de s'inquiéter des défilés de mode, de se demander comment on va faire pour se passionner afin de pouvoir avaler des heures de mannequins qui marchent en diverses tenues. Non, être à la mode, ce n'est pas une question de compilation d'éléments de looks. Tout d'abord, parce qu'il existe d'un point de vue mondial (après tout, ce sont des multinationales qui nous habillent et les médias actuels vont loin au-delà de nos limites frontalières) différentes scènes de la grande mode. Paris, Londres, New York et Milan. Et ces capitales qui règnent sur la mode ne sont pas arbitraires et échangeablesLondres rime avec innovation, audace et touche d'excentricité. Pour créer un buzz autour de soi en tant que styliste, c'est the place to be. New York, va pour le côté plus facilement portable, plus relax et très "j'attire-un-max-d'investistisseurs". Milan égal vêtements non seulement beaux mais excellement bien éxécutés : de la reconnaissance dans le métier. Paris ? Chic, raffiné et classe. Haute Couture par excellence.  C'est le dernier obstacle à franchir pour être un it dans ce monde particulier.
Autant vous dire que les collections présentées à New York n'ont pas pas beaucoup en commun avec celles de Paris, par exemple. Les palettes de couleurs ou matières à travailler suivent, et encore... On voit plus souvent de grandes différences que des lieux communs. Alors à quels catwalks se fier pour savoir ce qui est in ?

Two.
Merci les grandes chaînes de boutiques d'habits comme Zara, H&M, Gap, etc. Ou encore les marques de prêt-à-porter qui ont des stratégies internationales très étudiées (Marc by Marc Jacobs, Tommy Hilfiger, Miu Miu, etc.). Et puis il y a aussi les médias fashion qui se sont installés dans tous les grands pays du monde (Elle, Vogue, Glamour, etc. pas seulement en version papier : aussi sur le net désormais). Grâce à ces différents acteurs, la mode est véhiculée et méticuleusement retravaillée pour le grand public. Sans eux, bye bye le veston bleu nuit qu'on portera toutes cet été (d'après Chanel, Bruno Pieters et autres). Ou encore les grandes robes longues (une maxi-dress, mesdames) à imprimé floral (merci D&G et Stella McCartney parmi d'autres). Les défilés sont soigneusement analysés et on opère une extraction.
Les spartiates l'été dernier (ne les mettez pas encore sur Ebay : si elles sont blanches ou argentées, elles sont tout à fait recyclables cette année). Le sac à main oversized. Le slim et le skinny (les deux meilleures extractions et extrapolations de ces dernières années dans le business : des marques sont nées à partir de cette seule coupe tel que Superfine ou Cheap Monday).
Bref, des milliers de gens travaillent quotidiennement à donner forme à des tendances à partir de toutes ces créations qui ne cessent de voir jour dans le monde entier.
Alors, de quelle tendance être ?

Three.
Une tendance, c'est à la mode ? C'est à la mode quand exactement ? Et qu'en est-il d'être hype ?
Beaucoup de mots, peu de véritables sphères différentes.
Pour résumer ce dont d'autres vont blablater au fil d'articles voire même de livres entiers, voici ce qu'il faut savoir.
On est hype quand on se plie à une tendance quand elle vient seulement d'être décrétée. Un exemple pour illustrer cela : Kate Moss. Elle ne cesse de porter des choses sur le point de devenir énormissimes dans les années à venir. Prenez le fameux skinny : elle en portait il y a des années de cela et à l'époque, la majorité des femmes qui se disaient in et traînaient sur des forums de mode en rigolaient bien en disant que jamais elles ne cèderaient (les fashionistas pures et dures qui s'habillent dans le triangles de Bermudes : Zara - les marques de créateurs de leur pays [Comptoir des Cotonniers, Paul & Joe, Manoush, Ba&Sh, etc. pour la France] - et VPC [La Redoute, Vente-Privee.com, Yoox, etc.] se prennent pour de véritables guerrières, faites attention à ce que vous leur dites et ce qu'elles vous disent). Mais qu'en est-il maintenant ? Tout le monde a du slim à en vêtir des troupes entières dans ses placards, y compris les hommes. Est-ce encore tendance ?
Il faut donc savoir qu'être hype, c'est souvent à titre rétroactif. On peut se tromper parfois. Je ne dirais pas que la taille haute est une erreur car, à la surprise générale, certaines marques continuent à y croire et mettent sur le marché des habits taille haute en espérant que cette saison-ci, la tendance décollera enfin. On y est pas encore... Toujours pas de high waists dans les défilés Automne-Hiver 2008. Je parie que 2009 sera son année. Mais parfois, on se loupe complètement. Si ! Et on aura juste commis une erreur aux yeux de certains, une affirmation individuelle forte (to make a fashion statement, comme on dirait Outre-Manche) pour d'autres. Il faut savoir oser et prendre le risque si on se veut aventurier de la mode...
On dira de nous qu'on était hype, si et seulement quand la tendance finit par envahir les rayons de ces magasins à prix abordables. La gloire, enfin !
Et la tendance est reconnue par le fait que vous voyez le look ou l'élément porté par au moins deux autres personnes dans une rue piétonnière. Au-delà de cinq, on en est une vraie tendance. Dès dix, inquiétez-vous ou riez-en... C'est déjà old. Has been, même.

Four and Final.
Alors comment jongler ? Sauter sur Vogue, surtout quand ils offrent un supplément "Défilés", c'est la tactique que je conseille à toutes les passionnées de la mode qui ne peuvent s'offrir le luxe des lookbooks hypercher (170€ le book de qualité, environ, gloups, ça fait une veste chez Tara Jarmon).
Oser sans faire dans l'excentricité.
Avoir de la cohérence et un sens de style total. Ne jamais céder à des idées loufoques qui ont l'air de rien : on fait attention aux proportions et au jeu de volume de la tenue, on mélange ce qui a du goût et pas des choses horriblement inacceptables ensemble. Et tenir un fond de placard propre à soi. Personnellement, j'aime les leggins et les jambières. J'en ai toujours. Attention : je ne les porte pas chaque saison mais je les utilise comme élément d'identité personnelle. Il en va de même pour le fait que chaque tenue chez moi a quelque chose en cuir. Je ne sors jamais sans une touche de cuir. C'est un peu l'équivalent des boîtes de conserve et des pâtes qu'on a toujours : c'est du dépannage mais pas seulement...
Et en bonne française, j'ai les cheveux toujours propres mais un peu sauvages et très souvent libres à l'air (un grand reproche que nous font les Américaines ultrabrushées lorsqu'elles envahissent notre capitale à l'occasion des défilés de la Paris Fashion Week).


Alors à vous. C'est un monopoly au nombre de tours indéterminés. Pas de case prison. A vous de voir si vous misez sur la Place Vendôme ou vous contenterez de revendre et racheter sans cesse, de vider votre caisse ou de vous avouer vaincu(e) dès le premier pépin.
Pré-tendance (sans jamais savoir si on l'est vraiment car qui sait si ce sera bien tendance) ?
Tendance nouvelle ?
Tendance tendance ? (pitié, jamais toutes les tendances sur une même silhouette, pitié)
Tendance late ?
Just enjoy.


Je vous ai dessiné très rapidement un exemple d'application facile de la mode. Click away, darlings.

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Par Patte de lapin - Publié dans : Patte de lapin & fashion (mode, couture)
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Jeudi 14 février 2008 4 14 /02 /Fév /2008 22:19
Il n'y a pas d'endroit plus délicieux que les transports en commun pour se faire témoin de fabuleuses anecdotes. En voici une, entendue et vue en cette journée de Saint-Valentin (que je boycotte fermement, bien sûr, cela va de soi, mais j'accepte quand même - c'est une question de pure politesse - tout bouquet ou rose offert). 

Un groupe d'enfants qui ne doivent pas avoir plus de 6-7 ans attend patiemment sur le quai, surveillés par leur deux animateurs plus que débordés. Deux garçonnets s'asseyent à côté de moi, plus malins que les autres qui n'ont pas sauté sur les bancs libres. Deux petits malins, en somme. En voici la vérification...

Ils balancent leur petites jambes (forcément) courtes dans le vide qui les sépare du sol et après un court silence, le temps de savourer leur victoire, la discussion commence. Ou plutôt, reprend là où ils ont dû la laisser.
"Alors, pourquoi ça s'appelle la Saint-Valentin ? demande le petit avec  la doudoune jaune poussin.
- Parce que c'est la fête des amoureux.
- Ben, ça  explique rien. Pourquoi c'est Saint-Valentin alors ?
- Parce qu'il est le roi des amoureux, ben oui.
- Ah bon ? Qui t'a dit ça ?
- C'est mon ... [moment d'hésitation net : le petit à l'anorak rouge -  sacrebleu, on dirait les deux M&Ms ! -  frère qui me l'a dit. Il est grand et il sait tout alors c'est comme ça.
- Je  te crois pas.
- Tu dis que mon frère, il dit pas la vérité ?
- Mais non, c'est toi qui mens. [ndlr : il est perspicace et direct, Jaune]
- Moi, je mens ? Attends, fais gaffe à ta bouche, toi. [ndlr : je ne savais pas que "bouche" était au centre d'expressions linguistiques de djeun'z, j'apprends tous les jours]
- Quoi, ma bouche ? C'est toi et Saint-Valentin, oui.

A ce stade, ils ne balancent plus innocemment des gambettes mais se font un face-à-face assis. La tension est dans l'air. Je me retrouve déchirée entre le plaisir teinté de fierté de ne pas avoir allumé mon Ipod un quart d'heure plus tôt et l'anxiété en pensant à  ce que deux bonshommes de cet âge pourraient faire en se défiant.

"Tu me crois pas ? C'est ça ? Dis-le.
- Ben non, j'te crois pas.
- Et pourquoi ça ?
- Parce que Valentin, c'est pas un roi. C'est un saint !"
Pause nette. Rouge n'a pas l'air content du tout et jette un regard noir à son interlocuteur. Je suis in-tri-guée.
Jaune relance l'affaire :
"Ils auraient dû appeler ça la Saint-Cupidon. C'est lui qui tire sur les gens pour qu'ils s'aiment [ndlr : mais c'est un barbare, ce Cupidon !]
- Ben oui, ils sont cons aussi, les gens du calendrier.
- Et après, c'est nous qu'on dit qu'on doit encore apprendre beaucoup de choses", finit Jaune sagement.

Ils ont encore balancé leurs pieds un peu, rigolé en se lançant le défi de faire lever la jambe le plus haut jusqu'à ce qu'un des animateurs les rappelle à l'ordre et les gronde ("J'ai dit : 'Tout le monde reste ensemble à attendre sur le quai, derrière la ligne avec les points.' et pas "Allez-vous asseoir où vous voulez.' ").

Sacrés M&Ms, va !
Par Patte de lapin - Publié dans : Patte de lapin & les crétins
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Lundi 11 février 2008 1 11 /02 /Fév /2008 20:55
Seul,  ou non. Au bout du monde. Peut-être juste à errer chez soi.
Voyageur du pavé qui bat de l'aile. Et. Sans. Domicile. Fixe.
Où va ton courrier ? Comment savoir si ta grand-mère s'en est allée ? Et le service domiciliation, t'a-t-il répondu ?

Poste restante.
Un terme et système adoptés par de nombreux pays. Il suffit d'écrire à :
Monsieur et/ou Madame Toi
Poste restante
Code postal - Ta Ville
Si le destinataire se rend dans le bureau de Poste avec une pièce d'identité (dernière preuve de soi dans notre société ?), il recevra le message. S'il n'a même plus de papiers ou qu'il ne se déplace pas, retour destinataire. Affaire close. On en reparlera pas et cet extracommunautaire sera oublié. Tournons la page, mettons la lettre de côté.

Après-midi. Dernier tour dans les boutiques pour voir si les dernières démarques promettent une dernière affaire. Un sachet d'abord, puis deux et même trois dans la main. Je suis derrière ces trois sacs plastics, ces lunettes mouche, cette écharpe en soie et cachemire, ces talons qui claquent et ce visage sans sourire. Je sais que mon portrait est laid à voir : je ne suis qu'une image démultipliée. On est tant à se presser, avec nos cheveux fraîchement lavés, séchés et coiffés. On soupire dans les magasins quand on ne trouve pas sa taille. On aimerait être grâcieuses, mais en plein milieu du mois de février, on est juste fatiguées. De la foule. Du bruit. Des néons. Des tractes pour les élections municipales.
C'est honteux. Et j'ai vraiment honte.

Passage piéton. Feu vert. Il faut aller vite de l'avant et ne pas s'arrêter avant d'avoir atteint l'autre bord. Les masses humaines s'entrechoquent : rive gauche, rive droite, clash.
Je suis sauve. Et j'accélère encore le pas. Il faut tenter d'arriver rapidement dans la bouche de métro pour rentrer dès que possible. L'urgence est devenu un principe de vie. Et non vital dans la trop grande majorité des cas.
Je ralentis. Très brusquement. Je marque quasi un arrêt.

Là, à deux mètres sur ma gauche, un homme se penche sur une femme.

Elle est assise sur un carton déplié et un petit chiot dort, la tête reposant sur sa chaussure. A côté d'elle, un autre jeune chien est sagement assis et se laisse caresser la nuque. Elle a des dreadlocks et un peau de lait. L'homme se penche donc. Lui tend un rouleau de papier. Elle sourit mais je le vois à peine. L'homme se penche plus en avant et dépose un baiser d'une douceur tellement palpable que je marque un arrêt net. L'air sec s'évapore et je ne vois que cette scénette d'amour. Des gestes si simples qui, au milieu de ce champignon mouvant qu'est le centre-ville, choquent. Je ne m'attendais pas à voir ça. Deux gens que nous excluons se font si présents parmi nous. Des SDF. Jeunes comme tout. Beaux même.
Et ce cadeau : un affiche qu'il a été acheter en face, au stand de posters ambulant. Il a probablement eu un prix avec le vendeur mais ce bout de papier, c'est un sacrifice financier énorme. Une montagne de possibilités essentielles. Que nenni. Ce sera quelque chose de bien meilleur encore, ce sera quelque chose à offrir.
Le baiser, ensuite, qui scelle.

Derrière mes lunettes fumées, j'étais témoin de ce qui nous n'arrive pas. J'étais témoin d'une lettre d'amour.
Poste restante.
Mais le destinataire, qui était-ce ? On était au moins une bonne cinquantaine à pouvoir les voir à ce moment précis, mais combien ont tourné la tête et pris le temps d'assister ? Combien n'ont pas donné leur identité à cet instant cruellement merveilleux ? Combien ont laissé le message attendre sans donner suite ?


"Coeur lettre de cachet" pour citer le grand Breton dans son receuil Clair de Terre.
Par Patte de lapin - Publié dans : Patte de lapin au quotidien
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Mardi 5 février 2008 2 05 /02 /Fév /2008 22:40

Il y a le premier janvier de l'année. Et il y a tout le reste ; le deux, le trois, le mois de mars, l'été et puis, à nouveau, la nouvelle année. 

Le premier, pas encore déssoûlée, la bonne femme a tendance à en faire bien trop. Elle se promet des choses, à la Bridget Jones et elle regrettera dès que l'aspirine commencera à agir. 
Parce qu'une autopromesse féminine, ce n'est jamais oubliable. Nous, ô pauvres dames, nous nous en souvenons toute notre vie. 
Il y eut le fameux "Perdre ce kilogramme de trop."
Un an plus tard, il y avait "Perdre ces deux kilogrammes de trop."
Et puis "Perdre ces foutus 3kg de bon sang de bon sang de bon sang royal."
Etcetera. (question de citer le cercle promesse la plus faite sur terre)

Alors voilà, l'aspirine a commencé son ascension et je me rends déjà compte que ce ne fut pas un départ qualifiable d'idéal pour 2008 en ce qui concerne mes a-voeux. 

1. "Je boirai 1L de thé vert par jour, question de garder mon corps sain de toxines."
Reality check : je tape dans du thé noir écossais et je viens de me préparer du thé réglisse-menthe pour ce soir. Le paquet de Linéa est déjà tombé dans les oubliettes (et l'arrière du placard, surtout). Et puis, tonnerre de Brest, c'est de la flotte chaude agréméntée de saveur déshydratée, c'est tout égal, non ?

2. "Je me gommerai les pieds deux fois par semaine."
Reality check : alors, celle-là, de promesse, je l'avais vraiment oubliée. Promis, juré, craché.  Il faudra que je pense à m'acheter un tube de sent-bon sablé pour les petons lorsque j'irai faire les courses, ce week-end. 

3. "D'abord moi, ensuite les mecs."
Reality check : hihihi (rire de pouffe)... C'est mon penchant altruiste.

4. "Dès l'âge de la puberté passée, il faut s'hydrater le corps en continu. Minimum vital d'1,5L d'eau par jour (en plus de l'eau naturellement présente comme dans les laitages, etc.) et tartinage corporel de la tête au pied après chaque passage à l'eau (parce qu'elle est calcaire et que donc, forcément, elle s'en prend à nos cellules, blablabla).
Reality check : autofélicitations ! Bien fait, ma vieille, franchement. Je bois quotidiennement 2L d'eau de source naturelle faible en minéraux (pour ne surtout pas surcharger les reins, faites donc attention à Contrex et compagnie qui sont bien trop dosées pour être des eaux quotidiennes ; il s'agit là d'eaux de cure / d'exception). Et je m'encrème le corps tout entier deux fois par jour. Il suffit de voir la collection de pots à côté de mon lit (cf. photo plus bas) pour s'en rendre compte. Je vous épargne ma salle-de-bains. Certains êtres frôlent le coma en apercevant la boutique ambulante qu'est mon chez-moi. En revanche, chaque pot entamé est fini au maximum 3 mois après ouverture. Et là, je suis fière de moi. Si ! Parce que c'est un rituel fichtrement difficile à apprendre et à tenir. C'est une bonne résolution tenue depuis des années désormais. La spécialité de la maison, quoi. 

5. "Zen, je reste. En toute circonstance (ou presque)."
Reality check : des fois, j'avoue, c'est plutôt par paresse que je ne m'énerve pas. Néanmoins, il y a encore des moments où je finis par lâcher mon fameux "Y en a marre !" et puis de partir en marchant à contre-Mistral pendant des heures. J'ai beau mettre Sigur Ros en boucle ou encore allumer des bougies, je n'ai pas de bouclier d'émotions fortes qui puisse me contenir. Je devrais peut-être acheter le dernier album de The Album Leaf (énormement bon, au passage, je vous recommande leur Myspace  :
www.myspace.com/thealbumleaf) ou alors une nouvelle écharpe en soie et cachemire (parce que marcher à contrevent, ça donne des maux de gorge de folie)...

Alors voilà, je vous évite les trop souvent dits et jamais tenus "0 cuillère de Nutella", "pas de mec à problème(s)", "aucune overdose alcoolique" et autres. Ce sont les intenables qui cachent la forêt des possibles (1,5L d'eau par jour, sans blague, just do it).

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"Patte de lapin beauté institut, oui, allô, j'écoute ?"



Par Patte de lapin - Publié dans : Patte de lapin au quotidien
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